Le dos qui tire après plusieurs heures devant l’ordinateur, la nuque tendue en fin de journée, les épaules fatiguées… Quand ces douleurs apparaissent, on pense souvent : « Je dois mal me tenir. »
On essaie alors de se redresser, de rentrer le ventre ou de garder les épaules en arrière. Mais faut-il vraiment surveiller sa posture toute la journée pour éviter d’avoir mal ?
Les connaissances actuelles invitent à une réponse plus nuancée : un poste confortable a son intérêt, mais la prévention des douleurs ne se résume pas à trouver la bonne position.
Une posture confortable, plutôt qu’une posture parfaite
L’INRS précise qu’il n’existe pas de posture idéale pour travailler sur écran. Il propose plutôt des repères pour limiter l’inconfort, adaptés à la personne et à son activité [1].
Cela ne signifie pas que toutes les positions sont aussi faciles à supporter. Travailler longtemps avec l’écran sur le côté ou les bras éloignés du corps peut être fatigant. En revanche, une position ponctuellement arrondie ne suffit pas à expliquer une douleur ni à conclure que le dos s’abîme.
La recherche sur la position assise et la lombalgie reste hétérogène. Une revue publiée en 2025 retrouve des associations entre douleurs lombaires, positions plus statiques et pauses moins fréquentes. Mais une association ne démontre pas, à elle seule, qu’une position provoque la douleur [2]. Une revue antérieure ne permettait pas de considérer la position assise au travail comme une cause indépendante de lombalgie [3].
Le conseil pratique : chercher une installation confortable, puis se laisser la possibilité d’en changer.
Pourquoi les douleurs au travail ne dépendent pas seulement de la posture
Les troubles musculosquelettiques, ou TMS, concernent notamment les muscles, les tendons et les articulations. Leur apparition dépend de plusieurs facteurs, dont l’importance varie selon le métier et la personne.
Les efforts, la répétition des gestes et les positions contraignantes peuvent intervenir. L’organisation du travail compte également : rythme soutenu, récupération insuffisante, faible possibilité d’adapter ses tâches ou charge mentale élevée [4].
Le stress peut participer à cette situation sans rendre les douleurs « imaginaires ». Réduire leur explication à un dos mal placé risque donc de faire oublier des éléments essentiels du quotidien.
Les conseils doivent aussi tenir compte du métier : travailler devant un écran, manutentionner des charges et effectuer des gestes répétitifs en atelier ne présentent pas les mêmes contraintes.
Bouger régulièrement, sans chercher un exercice miracle
Au bureau, il est utile d’interrompre les périodes prolongées dans une même position. L’objectif est de rendre ces changements faciles à intégrer à la journée.
Vous pouvez par exemple vous lever entre deux tâches, marcher pour aller chercher de l’eau ou alterner certaines activités assises et debout lorsque le poste le permet. Les recommandations de prévention encouragent ces interruptions ; les études sur les pauses ne permettent toutefois pas de garantir un effet identique sur les douleurs pour tout le monde [1,5].
Quelques mouvements tranquilles peuvent aussi servir de pause : mobiliser doucement les épaules, tourner la tête dans une amplitude confortable ou faire quelques pas. Il n’est pas nécessaire de rechercher un étirement intense ni de forcer un mouvement douloureux.
Rester debout toute la journée n’est pas non plus une solution universelle. Un bureau réglable peut faciliter l’alternance, plutôt que remplacer une immobilité par une autre.
Le matériel ergonomique peut aider, mais il ne fait pas tout
Un siège réglable, un écran bien placé et une souris accessible peuvent rendre le travail plus confortable. Pourtant, l’étiquette « ergonomique » ne garantit pas la disparition des douleurs : une revue systématique sur les sièges de bureau rapporte des résultats contradictoires, avec un niveau de preuve faible à très faible [6].
Avant d’investir, quelques ajustements simples peuvent être essayés :
- Garder les pieds en appui et régler le siège pour être à l’aise.
- Placer l’écran principal face à soi, à une hauteur confortable pour le regard.
- Rapprocher clavier et souris pour travailler sans tendre les bras.
- Pour une utilisation prolongée du portable, prévoir un écran ou un support avec clavier et souris séparés.
Ces réglages constituent des points de départ à adapter, plutôt que des règles à surveiller en permanence.
L’activité physique complète les adaptations du travail
Marcher, pratiquer une activité appréciée et entretenir progressivement sa force participent à la santé générale. Pour un travail sédentaire, ces habitudes complètent les interruptions de la position assise.
Cependant, faire du sport en dehors du travail ne dispense pas d’améliorer les conditions de travail. La prévention doit aussi porter sur les outils, les tâches et les possibilités de récupération. Elle ne repose pas uniquement sur les efforts individuels du salarié [7].
Quelle place pour une consultation d’ostéopathie à Aubagne ?
Une douleur qui revient ou qui gêne le travail mérite une évaluation adaptée. Au cabinet d’Aubagne, je prends le temps d’échanger avec vous sur vos symptômes, votre activité professionnelle et vos habitudes de mouvement.
L’objectif est de proposer une prise en charge individualisée, avec des conseils adaptés à votre situation et, si elles sont pertinentes, des techniques manuelles. Une consultation ne remplace pas une analyse du poste de travail ni une démarche de prévention dans l’entreprise. Elle n’a pas pour objectif de vous imposer une « posture parfaite ».
Selon les symptômes, un avis médical, une prise en charge en kinésithérapie ou un échange avec le service de prévention et de santé au travail peuvent être nécessaires. Une faiblesse inhabituelle, une douleur après un traumatisme important ou des symptômes qui s’aggravent justifient notamment un avis médical.
Vous avez des douleurs au travail et souhaitez faire le point ? Vous pouvez prendre rendez-vous avec Antoine Torchio, ostéopathe à Aubagne, via Doctolib.
Sources
- INRS. Travail sur écran : prévention des risques. Consulter la source
- Alaca N, Acar AÖ, Öztürk S. Low back pain and sitting time, posture and behavior in office workers: A scoping review. 2025. Consulter la source
- Roffey DM et al. Causal assessment of occupational sitting and low back pain: results of a systematic review. 2010. Consulter la source
- INRS. Travail sur écran : ce qu’il faut retenir. Consulter la source
- The effects of breaks on low back pain, discomfort, and work productivity in office workers: A systematic review of randomized and non-randomized controlled trials. 2018. Consulter la source
- The effects of chair intervention on lower back pain, discomfort and trunk muscle activation in office workers: a systematic review. 2021. Consulter la source
- INRS. Postures sédentaires : prévention des risques. Consulter la source
